Crashs au mont Blanc ( sorti en 2015)  , en poche depuis le 3 juin 2026

 

 

 

 

Vous ne savez pas où vous mettez les pieds !», m’avait lancé le célèbre alpiniste René Desmaison en 1990, refusant de parler de son  opération Chabert de 1966 qui fissurait déjà la version officielle du crash…. Il gardait un silence qu'on lui avait imposé. J’ai avancé sans lui, pas à pas, et depuis 1989, seule dans mon coin, à ma manière, à ma vitesse, je tente de mettre un peu d’ordre dans le puzzle d’une histoire fascinante dont on ne parle jamais pour de bonnes raisons. Un premier livre en 1991, plusieurs rééditions, un autre en 2015,  EN POCHE depuis juin. 2026INE, soit onze ans plus tard. C’est dire si ça dure, c’est dire que ça intéresse… 
Ce sont des glaciers du mont Blanc (et des archives qui ne seront pas déclassifiées de sitôt en France) qui gardent les grands secrets de cette affaire. Or, les glaciers ne se retiennent plus… ils finissent de recracher ce qu’ils ont englouti : pierres précieuses, documents classés "top secret" du temps de la guerre froide, des corps... devenus "débris humains", beaucoup de corps, plus d'une centaine, dont celui du père du nucléaire en Inde, Homi Jehangir Bhabha. HJB
Vienne, AIEA ( Agence Internationale de l’Energie Atomique), 25 janvier 1966.
Autour d’une table où une place est restée vide, les « sages » de l’AIEA respectent une minute de silence. l’un des leurs est mort en chemin. Le professeur indien Homi Bhabha voyageait à bord du Boeing d’Air India qui s’est crashé la veille au sommet du mont Blanc.
Formé à Cambridge aux côtés des plus grands de la physique nucléaire des années 30, Homi Bhabha, dès les prémices de la décolonisation, avait su convaincre la famille Tata - à laquelle il est lié par sa mère - d’investir dans la recherche scientifique, antidote au sous-développement.
Le Tata Institute of Fundamental Research (TIFR) avait ainsi été créé en  juin 1945.  Puis en 1948, l'Atomic Energy Commission (AEC) car Bhabha avait eu aussi  la vision de la maîtrise de l’énergie nucléaire comme garantie de l’indépendance.
Le professeur Bhabha présidait l’AEC, le board limité à trois personnes, la commission dépendait directement du Premier ministre, sans aucun intermédiaire. 
Le secret absolu devait être gardé sur ses activités.
Alors, après la mort de Bhabha, qui survient deux semaines seulement après celle du premier ministre Lal Bahadur Shastri victime d’une crise cardiaque, juste après avoir signé les accords de paix avec le Pakistan, à Taschkent. URSS, le 11 janvier 1966,  le programme atomique indien est décapité.
Pourtant, pas une seule fois l’hypothèse d’un attentat n’a été évoquée. Ni à l’époque, ni aujourd’hui. Jamais. 
D’ailleurs les circonstances et le contexte de ce crash qui s’est produit sur le toit de l’Europe, en pleine guerre froide et qui a fait 117 victimes, semble n’avoir jamais intéressé personne. Les investigations des enquêteurs français sur le terrain ont été interrompues au bout de deux jours au prétexte de conditions trop dangereuses en montagne, les Italiens n'ont pas collboré. Un seul corps a été redescendu le premier jour, rapidement identifié : Giovanni Bertoli, directeur d’Air India en Europe. Et puis rideau. Et puis l’oubli total. 
J’ai moi-même découvert ce crash de 1966 en documentant celui du désormais fameux Malabar Princess qui eut lieu en 1950. 
Alors  maintenant je sais où j’ai mis les pieds. 
Dans une histoire qui a été volontairement enfouie, une sombre histoire qui n’en finit pas de suinter et de s’étirer bien au-delà de l’ombre du mont Blanc… et par les temps qui courent, se pencher sur ce passé, c'est s'éclairer dans le présent.